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COMMUNE NOUVELLE DES HAUTS DE BIENNE     La Mouille Lézat Morez
Histoire de la ville

Histoire de la ville

Jusqu’au XVIe siècle, on ne relève aucune forme organisée de vie humaine dans cette cluse du Haut-Jura. En 1531 un parchemin mentionne pour la première fois deux moulins, installés dans le fond de ce qu’on appelle alors « la Combe noire ». Trente ans plus tard, la Combe noire voit s’installer un forgeron du nom d’Etienne Morel. Le personnage et ses installations marquent les esprits, car on parlera désormais de « Combe-à-Morel » ou de « Morel-sous-Morbier ». Par la suite, à force de déformations orales, le lieu va être nommé Moré que l’on écrira Morés ou encore Morey pour donner enfin au XVIIIe siècle : Morez.

Jusqu’à cette époque, Morez n’avait aucune indépendance religieuse ou administrative. Morez-le-Haut appartenait à la paroisse de Longchaumois, qui relevait du diocèse de Lyon alors que Morez-le-Bas faisait partie de la paroisse de Morbier et donc du diocèse de Besançon. A partir de 1738, Morez se détache de Longchaumois et en 1776 la communauté de Morez est démembrée de celle de La Mouille. Elle se voit alors dotée d’un échevin, officier public, du nom de Jacques Humbert-Brun. La Ville de Morez n’a donc qu’un peu plus de deux cents ans d’existence.

Les industries moréziennes avant la lunetterie

La clouterie se développe dans la région de Morez au XVIe siècle dans de petites forges construites près des fermes, notamment à La Mouille, Morez et Morbier. On y produit une multitude de clous avec un outillage simple. Nombre de familles paysannes complètent ainsi leurs revenus pendant l'hiver. Les négociants de Morez exportent les productions hors du canton et à l'étranger : en Italie, en Suisse et en Espagne.

À la fin du XVIIe siècle, l'horlogerie joue un rôle essentiel dans la vie économique de la Franche-Comté. Elle se développe à Morbier et à Morez, et s'étend alors rapidement dans le canton. Morez devient un haut lieu du commerce de l'horlogerie monumentale ou comtoise.

Au XVIIIe siècle, l'émaillerie devient une autre spécialité morézienne. Après une période de prospérité au début du XIXe siècle, horlogerie et émaillerie déclinent ensemble dans la première moitié du XXe siècle. Les émailleurs se reconvertissent dans la fabrication des "cœurs de Morez", plaques mortuaires en émail en forme de cœur incluant souvent la photographie du défunt, ou des plaques de rue.

Morez et l’industrie lunetière

Aucun atout naturel ne prédispose Morez à devenir un centre de production industriel unique en France dont les produits sont exportés dans le monde entier dès la fin du XIXe siècle. On doit faire venir les matières premières d'ailleurs, le climat est rude et le contexte géographique contraignant : pentes escarpées et voies d'accès peu nombreuses. La lunetterie doit son succès au savoir-faire des hommes et des femmes spécialisés dans l'usinage de pièces métalliques fines et à l'utilisation de réseaux commerciaux tracés par les horlogers au siècle précédent. Elle organise avec souplesse sa production et amplifie son effort commercial.

La prospérité de l'activité lunetière bénéficie à la ville de Morez qui se développe et s'enrichit tout au long du XIXe siècle. En dépit de capitaux modestes, la ville devient un centre industriel puissant mais sans grandes usines.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Morez devient le grand centre mondial de la lunetterie et exportent ses montures aux quatre coins du Monde. 12 millions de lunettes sortent des fabriques chaque année. Cette activité occupe plusieurs milliers de personnes.

 Après la Seconde Guerre mondiale, l'activité évolue vers la mode et prend un nouvel essor, d'autres marchés s’ouvrent et les innovations se multiplient.  Néanmoins, la lunetterie morézienne subit de nombreuses crises, d’abord face à la concurrence italienne puis face à celle des pays d’Asie du Sud-Est. Morez reste néanmoins aujourd’hui la capitale française de la lunetterie, reconnue pour la qualité de son savoir-faire, l’ingéniosité et la créativité de ses lunetiers. 

Le lycée Victor Bérard et l’importance de l’enseignement technique.

L'Ecole Pratique d'industrie de Morez est ouverte le 5 novembre 1895. Entre 1900 et 1904, on introduit progressivement, par souci d'adapter l'enseignement aux débouchés, un enseignement pratique et théorique de la lunetterie. En 1905, l'école prépare ainsi aux professions de petites mécaniques, horlogerie, menuiserie, lunetterie et ébénisterie.

Après 1918, la section "optique lunetterie" se développe et les bâtiments deviennent trop étroits. Afin de financer les travaux d'agrandissement, la nationalisation est demandée en 1922. Les démarches sont soutenues par le Sénateur du Jura Victor Bérard. En 1928, la convention nationalisation est signée : l'Ecole Pratique devient l'Ecole Nationale d'Optique.

En 1933, la volonté du sénateur Victor Bérard d’implanter le lycée au cœur du bassin des lunetiers était avant-gardiste. Cela a permis et permet toujours aujourd’hui d’adapter les formations en relation avec les industriels, de s’adapter sans cesse aux nouvelles technologies, de renouveler ses méthodes, son matériel …

Le Lycée Victor Bérard, c'est, aujourd'hui, un équilibre réussi entre la tradition optique et micromécanique et le futur de la technologie de pointe. Il est labellisé « Lycée des métiers de l’optique et des microtechniques » pour ses sections Optique lunetterie, microtechniques et systèmes photoniques. Il accueille 850 élèves de la seconde à la licence professionnelle. Le Greta du Haut-Jura, qui forme des jeunes en apprentissages et des adultes, est hébergé au sein du lycée.

Pour plus d'informations sur le Lycée Victor Bérard

 

 

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